Des chercheurs en sciences maritimes couvrent tous les fronts pour rassembler des données

Les eaux canadiennes sont vastes et complexes. Lorsque vous faites des recherches dans les eaux canadiennes, vous devez être créatif quant à la façon de collecter des données. De l'Île-du-Prince-Édouard à la Colombie-Britannique et le passage du Nord-Ouest, les chercheurs des neuf projets financés par

le Marine Environmental Observation Prediction and Response (MEOPAR) Networ et Irving Shipbuilding passent les mois de printemps et d’été sur le terrain, à recueillir des informations et à travailler pour nous aider à comprendre et à interagir avec nos océans et voies navigables.

Maycira Costa et des chercheurs travaillant sur le projet

Le projet de Maycira Costa utilise des données provenant de diverses sources pour comprendre la relation entre la dynamique de la couleur de nos eaux côtières et la productivité de l’océan. Basée à l’Université de Victoria, l’équipe du Dr Costa recueille des données, notamment grâce aux satellites, à des capteurs placés à bord des traversiers de la Colombie-Britannique et à la contribution de citoyens scientifiques amateurs. Les capteurs sur les traversiers permettent la collecte quotidienne et autonome de données en différents emplacements, quelles que soient les conditions météorologiques, tout au long de la journée.

Les passagers du traversier MV Queen of Oak Bay, qui navigue entre Horseshoe Bay à Vancouver et Departure Bay à Nanaimo, peuvent également recueillir des données pour les ajouter à la collecte du Dr Costa. Les voyageurs sont invités à utiliser des appareils mobiles à bord pour prendre des photos de l’eau, et les soumettre par le biais d’une application. La couleur de l’eau sur les photos constitue un indicateur de la productivité de l’océan.


Maycira Costa

« En intégrant les données recueillies par les satellites, les capteurs à bord des traversiers et les citoyens, les chercheurs peuvent obtenir des informations de manière rapide et à une résolution suffisamment haute pour pouvoir tenir compte de la dynamique biologique de la mer Salish, aider à la gestion des pêches et remédier notamment au déclin de la population de saumons de la côte Ouest du Canada »
Le Dr Randy Scharien et un guide du Nord

La collecte de données dans l’Arctique peut constituer une activité complexe, en raison de l’éloignement géographique et des conditions météorologiques extrêmes, mais aussi du manque d’outils, spécifiquement pour la région. Le Dr Randy Scharien et son équipe de l’Université de Victoria rassemblent des experts canadiens en glaces marines et en télédétection, ainsi que des partenaires impliqués dans la cartographie et les prédictions opérationnelles, afin de répondre à la nécessité d’améliorer les observations et les prévisions portant sur les glaces marines et de résoudre certaines incertitudes liées à la fonte des glaces marines chaque printemps.

La transition de l’hiver à l’été dans l’Arctique est une période où la neige et les glaces marines, caractérisées par leur uniformité, se transforment en un élément hautement varié et dynamique. Une activité accrue est constatée sur le terrain et en mer. Les glaces marines fondent et se déplacent selon les forces appliquées par les vents et les courants océaniques. La fonte et le mouvement des glaces marines sont difficiles à prévoir, ce qui signifie que les usagers de la glace sont exposés à des dangers tels que les zones de neige fondue et la désintégration de la lisière des glaces et les usagers de la mer risquent d'être piégés par la glace en mouvement dans les eaux propices aux glaces.

L’équipe du projet a recueilli des données de terrain et satellites à l’aide d’outils de pointe de télédétection par satellite, a étudié les levés aéroportés et a mené une vaste campagne sur le terrain, dans les détroits de Victoria et de Dease qui font partie du passage du Nord-Ouest, de mai à juillet 2016, ce qui a permis l’analyse des glaces sur une certaine période de temps. À partir des données, ils ont créé une base de données satellites par rétrodiffusion radar et sur les types de glaces marines. Celle-ci est utilisée dans le cadre de plusieurs projets de recherche menés par des étudiants dans les universités de Victoria, Calgary, York et Waterloo. 

Dr. Randy Scharien

« Notre objectif est de renforcer les capacités de développement d’outils en vue de promouvoir le transport sécuritaire dans les glaces marines dans un environnement en évolution rapide, afin que les activités humaines traditionnelles soient préservées, voire améliorées, et que les activités maritimes soient plus sûres pour protéger la vie et les écosystèmes à la fois.»
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