La cale sèche du chantier naval de Halifax, une partie intégrante du port de Halifax

La cale sèche du chantier naval de Halifax occupe une place importante dans l’histoire du port et de la ville de Halifax. Considérée comme un lieu historique national de génie civil, il s’agissait de la plus grande cale sèche sur la côte est de l’Amérique du Nord lors de son achèvement en 1889. Elle constitue aujourd’hui une importante installation d’entretien et de réparation de navires pour la flotte de la côte est de la Marine royale canadienne.

Les travaux de construction de la cale sèche de Halifax ont commencé en 1886. Le port de Halifax faisait partie des principaux ports de navigation commerciale internationale, et les installations existantes du port de Halifax et de l’anse de Dartmouth n’étaient pas suffisamment grandes pour accueillir les navires à coque en acier que certains spécialistes considéraient comme l’avenir du transport océanique.

La roche compacte qui composait la majeure partie de la péninsule de Halifax a été dynamitée et déblayée manuellement pour créer la cale. Les gravats dégagés ont ensuite été utilisés pour créer un remblai sur lequel les installations d’atelier d’usinage auxiliaires ont été construites.

Conçue par John Frederick La Trobe Bateman, un ingénieur anglais, et construite par l’entreprise britannique Pearson and Son of London, en collaboration avec l’entreprise de construction de Samuel Brookfield à Halifax, la cale sèche a accueilli son premier navire, le HMS Canada, en septembre 1889.

Le HMS Canada, premier navire à utiliser la cale sèche de Halifax

La cale sèche de Halifax a été construite à une époque où les voiliers à gréement en carré prédominaient les mers, mais étonnamment, en raison de sa conception avant-gardiste, la cale remplit toujours aujourd’hui le rôle pour lequel elle a été conçue. Il s’agit également de la seule structure maritime de l’époque victorienne encore utilisée de nos jours à Halifax.

Le 6 décembre 1917, la cale sèche a survécu à l’explosion de Halifax, la plus grande explosion d’origine humaine avant la bombe atomique. L’explosion est survenue à côté de la cale sèche, au quai 6, et a entraîné la destruction d’une zone de six kilomètres carrés.  

La cale sèche de Halifax et la zone avoisinante à la suite de l’explosion de Halifax.

Se trouvant derrière la raffinerie de sucre Acadia et son bâtiment de soutien, la cale sèche a été protégée de l’impact direct de l’explosion et n’a subi aucun dommage important. La raffinerie de sucre a instantanément été réduite en poussière, tout comme l’atelier d’usinage et la majorité des autres bâtiments de la cale sèche. 

« La cale sèche était au cœur de la zone la plus touchée, et la grande raffinerie de sucre à proximité n’était qu’un tas de briques. »
Contre-amiral Bertram Chambers, Officier général de convoi de la Marine royale et Officier supérieur de la Marine, escortes

Dans la cale sèche, l’explosion a balayé le pont supérieur du navire de charge norvégien Hovland; elle a notamment endommagé gravement ses mâts, son gréement et sa superstructure et entraîné le décès de cinq de ses membres d’équipage.

Plus de 40 travailleurs œuvrant dans la cale sèche ont perdu la vie à la suite de l’explosion.

La cale sèche a été remise en service deux mois après l’explosion afin d’y réparer bon nombre des vaisseaux endommagés lors de l’explosion.

Comme l’explosion avait physiquement dégagé toute la zone riveraine près de la cale sèche, le chantier naval de Halifax en a profité pour prendre de l’expansion et commencer à construire des navires à grande échelle.

Aujourd’hui, le chantier naval de Halifax continue d’utiliser la cale sèche pour entretenir la flotte de la Marine royale canadienne déployée sur la côte est. C’est aussi à cet endroit que la majeure partie de la partie carénage de demi-vie du projet de modernisation de la classe Halifax a été effectuée, et la cale est aujourd’hui encore utilisée pour les activités d’entretien permanent et de soutien en service des frégates de la classe Halifax.

Après avoir survécu à l’explosion de Halifax, réparé des milliers de navires pendant la Deuxième Guerre mondiale et s’être adaptée aux avancées technologies inévitables de l’industrie (transition des navires au bois aux navires en acier et croissance exponentielle de la taille et du poids des navires), la cale sèche du chantier naval de Halifax est encore opérationnelle aujourd’hui, essentiellement selon sa conception initiale. 

Le Navire canadien de Sa Majesté Toronto dans la cale sèche de Halifax lors de la partie carénage de demi-vie du projet de modernisation de la classe Halifax.
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