Irving Shipbuilding Commentaires au Comité permanent de la défense nationale

Le 2 février 2017, Irving Shipbuilding a parlé au Comité permanent de la Défense nationale de la Chambre des communes sur l'importance de la Stratégie nationale de construction navale.

James D. Irving, Co-PDG, J.D. Irving, Limited

Bon après-midi, monsieur le président et membres du Comité. Je vous remercie de me donner l’occasion de vous parler aujourd’hui, pour faire le point sur nos travaux au chantier naval de Halifax.

Je suis accompagné aujourd’hui des membres de l’équipe de direction d’Irving Shipbuilding - M. Ross Langley, vice-président, M. Kevin McCoy, président, et M. Scott Jamieson, vice-président des programmes.

Nous sommes fiers de notre histoire dans la construction de navires pour le Canada. Nous avons construit plus de 80 % de la flotte actuelle du Canada et le chantier naval de Halifax entretient la flotte de la Marine royale canadienne depuis sa création.

Le Canada peut être fier de la Stratégie nationale de construction navale. Après une longue période sans construction des navires au Canada, nous avons maintenant une stratégie qui fais du sens pour le Canada et les Canadiens et qui garantira que la Marine et la Garde côtière obtiennent les navires dont elles ont besoin à un prix raisonnable.

Nous avons fait le tour du monde afin d’assembler la meilleure équipe de gestion possédant l’expérience nécessaire, a fin que notre main-d'œuvre canadienne soient de classe mondiale.

Nous avons investi plus de 360 millions $ pour construire des installations comprenant les meilleurs équipements, pour une construction efficace des navires canadiens. Nous nous sommes engagés non seulement à faire un excellent travail en construisant des navires pour le Canada, mais aussi à nous assurer que l’industrie reste viable à long terme.

Enfin, nous déployons de nombreux efforts pour raconter l’histoire des progrès que nous accomplissons et de notre réussite aux Canadiens par le biais de notre site Web et d’autres moyens de communication. À chaque contrat conclu ou annonce de proposition de valeur, nous communiquons la nouvelle afin que les Canadiens et les dirigeants gouvernementaux aient la possibilité de constater les effets positifs issues de la Stratégie de construction navale.

Nous sommes fiers de continuer notre longue histoire en tant que partenaire de confiance dans la construction navale canadienne.

Kevin McCoy, président d’Irving Shipbuilding, parlera des travaux en cours sur notre chantier naval à Halifax et des avantages qui en découlent à travers le Canada.

M. Kevin McCoy, président, Irving Shipbuilding

Je vous remercie, monsieur le président et mesdames et messieurs les membres du Comité, de nous avoir invités aujourd’hui.

J’ai rejoint Irving Shipbuilding en 2013, après avoir mené une longue carrière dans le secteur de la construction navale, dont 36 ans passés dans la marine américaine.

J’ai eu l’honneur d’être nommé président d’Irving Shipbuilding à une époque où l’industrie de la construction navale au Canada évoluait considérablement en raison de la Stratégie nationale de construction navale.

La Stratégie nationale de construction navale a été élaborée pour la première fois par le Canada en raison de l’absence de durabilité caractérisant l’industrie de la marine et de la construction navale à l’échelle nationale.

Ce cycle de forte croissance et de récession de l’industrie a été vécu par tous les grands chantiers navals et par les communautés où ils sont situés. Il en a résulté une incapacité à demeurer au fait des pratiques modernes en matière de construction navale, tout en créant des difficultés liées au recrutement des meilleurs constructeurs navals.

En élaborant le cadre de la Stratégie, le Canada a reconnu que le nombre insuffisant de grands navires construits pour la Marine et la Garde côtière ne permettait pas d’assurer l’avenir de plus de deux chantiers navals et de leur main-d’œuvre qualifiée.

C’est grâce à un processus totalement transparent et concurrentiel qu’Irving Shipbuilding a été choisi comme centre d’excellence pour construire la future flotte de combat du Canada.

Aujourd’hui, nous sommes en bonne voie de rétablir la capacité de construire de grands navires au Canada et nous accomplissons de formidables progrès afin de fournir à la Marine les navires dont elle a besoin pour fonctionner comme une véritable force de haute mer.

Actuellement, nos constructeurs de navires travaillent dur pour construire les deux premiers navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique du Canada ou NPEA. Nous prévoyons de livrer le premier NPEA, le futur NCSM Harry DeWolf fin 2018.

Le travail accompli en ce moment sur le NPEA permettra à nos employés d’acquérir l’expérience et l’expertise nécessaires pour construire la prochaine flotte de combat du Canada, les navires de combat canadiens ou NCC, au début des années 2020.

Nous travaillons en étroite collaboration avec le Canada pour assurer la mise en place des bases requises au titre de ce programme, notamment en matière d’exigences, de budget et de calendrier.

En tant qu’entrepreneur principal, nous sommes impatients d’attribuer un contrat pour commencer à travailler avec le créateur de navires NCC et de systèmes de combat en l'automne de cette année.

Il est impératif que nous travaillions à un rythme régulier et minimisions les retards, et ce, pour plusieurs raisons pressantes :

Tout d’abord, la Marine a besoin de la capacité que ces navires apporteront à la flotte. Les trois destroyers du Canada, qui devaient être remplacés par des NCC, ont déjà été retirés du service actif.

En deuxième lieu, à compter de l’automne 2019, les travaux de production sur les NPEA commenceront à ralentir. Si nous ne faisons pas en sorte que nos constructeurs de navires qualifiés se mettent à travailler sur les NCC, nous ferons face à d’importantes mises à pied. S’il existe un écart de production entre les deux programmes de construction navale, les coûts découlant de la reconstitution de cette main-d’œuvre et de son expérience devront être assumés par le programme du NCC.

Enfin, les retombées de l’inflation sont très réelles dans le cadre d’un programme de construction navale tel que le NCC. Avec l’inflation liée à la construction navale variant de 3 à 5 % par an, au titre d’un programme de 15 navires, le pouvoir d’achat perdu équivaut à 45-75 % d’un navire pour chaque année de retard. Les retards ont de sérieuses répercussions sur un programme tel que le NCC.

Permettez-moi de passer aux avantages économiques et à l’impact que notre travail a déjà sur le Canada dans son ensemble.

Les avantages s’étendent bien au-delà des murs du chantier naval de Halifax, au sein duquel les effectifs ont dépassé les 1 400 personnes et sont en progression. Dans le cadre du programme NCC, nous prévoyons d’atteindre plus de 2 500 employés.

Au 31 décembre 2016, nous avons émis des bons de commande totalisant plus de 1,2 milliard $ en faveur de plus de 250 sociétés au Canada.

Selon l’analyse du Conference Board du Canada, cela permettra de soutenir approximativement l’équivalent de 16 560 emplois à temps plein et générera des revenus, des impôts et des dépenses de consommation estimés à 895 millions $, 385 millions $ et 620 millions $ respectivement.

Il s’agit d’avantages réels pour les Canadiens d’un bout à l’autre du pays.

En Ontario, où plus de 543 millions $ de contrats ont été attribués, nous avons passé un contrat de 7 ans avec GE Canada pour l’énergie électrique, les systèmes de propulsion, l’installation et la mise en service de six navires NPEA.

Au Québec, où plus de 61 millions $ de contrats ont été attribués, nous avons le plaisir de travailler avec Bronswerk Group qui fournit des solutions de chauffage, de ventilation et de climatisation pour les NPEA.

Le contrat au titre des NPEA octroyé à Bronswerk a permis à l’entreprise de croître de 25 %, d’ouvrir deux nouveaux sites à Halifax et de devenir plus compétitive pour remporter des contrats internationaux.

En plus de nos contrats directs, des travaux pouvant sembler sans rapport avec la construction des navires de la marine, mais qui ne se réaliseraient pas sans la Stratégie nationale de construction navale s’effectuent à travers le pays.

Prenons l’exemple d’Aspin Kemp & Associates à Montague, à l’Î.-P.-É., qui a obtenu un contrat initial de 80 millions $ auprès de la division internationale navale et extracôtière de GE, en vue de fournir des composants électriques pour les navires de forage. Cette attribution résultait directement de l’obligation découlant de la Politique des retombées industrielles et régionales (RIR) de GE, en vertu de son contrat passé avec Irving Shipbuilding visant à fournir des équipements de propulsion pour les NPEA. Les travaux relatifs aux navires de forage alloués à Aspin Kemp, précédemment réalisés par GE à l’échelon international, sont maintenant évalués à plus de 160 millions $ et ont créé de nouveaux emplois et des millions de dollars de croissance économique à l’Î.-P.-É.

Ce ne sont là que quelques exemples des centaines d’entreprises à travers le pays - de Toolcom, une entreprise appartenant à des Autochtones de la Colombie-Britannique qui fournit des systèmes de communication (radios UHF / VHF) et des protocoles Internet, à Glamox, un fournisseur d’éclairage situé dans une ancienne entreprise de pêche à Terre-Neuve-et-Labrador – avec lesquelles nous sommes fiers de collaborer en vue de la création d’une industrie de la construction navale durable.

Nous avons également investi dans des programmes de formation et d’éducation pour former les constructeurs navals du XXIsiècle et moderniser la construction navale.

Deux programmes dont nous sommes très fiers, Women Unlimited, comptant 17 étudiantes, et Pathways to Shipbuilding, avec 19 étudiants autochtones, sont les premiers à fournir des formations et des emplois à Irving Shipbuilding en faveur des groupes sous-représentés.

Ces Canadiens aspirent maintenant à un avenir prometteur grâce à une carrière stable et durable dans les métiers spécialisés, un salaire annuel de plus de 70 000 $ et des avantages sociaux.

Tout en travaillant avec ardeur sur la future flotte de combat de la Marine canadienne, il nous faut également garder à l’esprit le maintien de notre flotte actuelle.

En novembre, nous avons été heureux de finaliser la refonte du projet de modernisation de la classe Halifax dans le respect des délais et des limites budgétaires. Ce projet impliquait un travail considérable sur les sept frégates de la côte est afin de moderniser les navires et leurs systèmes de combat.

Celui-ci a permis non seulement de maintenir plus de 400 emplois à Halifax au cours des six dernières années, mais encore une fois, il a fourni à la Marine le matériel nécessaire pour servir notre pays, ici ou à l'étranger.

Le succès de ce projet peut être largement attribué à la proximité de nos installations du port d’attache de la Marine sur la côte est. Il en est de même pour Seaspan sur la côte ouest. Au cours de ce programme, les constructeurs de navires d’Irving Shipbuilding et de Seaspan ont amélioré leurs compétences et sont devenus de véritables centres d’excellence du Canada pour l’entretien et la modernisation, en plus de la construction navale.

Nous craignons que l’approche actuelle du Canada à l’égard de la tenue d’appel d’offres individuels pour l’entretien des navires ne soit pas dans l’intérêt du Canada ou de la MRC, et nous recommandons vivement que le Canada adopte une stratégie holistique en matière de construction et d’entretien des navires. Permettez-moi de m’expliquer :

Tout d’abord, abordons le coût réel pour le Canada. Au cours du projet de modernisation de la classe Halifax, le coût de la construction navale au chantier naval de Halifax a diminué, car une partie importante de nos coûts indirects fixes a été répartie entre la construction et l’entretien des nouveaux navires. En 2016 seulement, ces mesures ont abouti à un coût réduit de plus de 20 millions $ sur les NPEA - ce qui équivaut à l’obtention des services gratuits de près de 130 constructeurs de navires par jour.

Ensuite, penchons-nous sur le maintien de la main-d’œuvre du secteur de la construction navale. Les travaux de construction et d’entretien connaissent des hauts et des bas en matière de demande en métiers spécialisés. Pour venir à bout des cycles d’expansion et de ralentissement que subissent les employés ainsi que l’industrie, il est essentiel que les travaux de construction et d’entretien soient effectués conjointement dans le chantier naval. Comme il ressort de l’expérience clairement vécue par les chantiers navals du Canada au cours des 20 dernières années, l’entretien des navires à lui seul ne suffit pas à éliminer les périodes d’expansion et de récession.

En troisième lieu, examinons les effets sur la préparation des navires et le moral des équipages. La stratégie actuelle du Canada pourrait amener les frégates et les équipages de Halifax à quitter leur port d’attache à Halifax en vue d’un entretien ailleurs. Cela entraînerait un stress excessif pour les équipages et leurs familles ; des coûts accrus pour la Marine et le Canada et la nécessité pour un autre chantier naval de se familiariser avec les navires et les procédures maintenant bien connus d’Irving Shipbuilding. Je ferai également remarquer que Halifax est un port libre de glace à l'année, ce qui permet aux navires d’être maintenus et déployés à tout moment.

Enfin, parlons des avantages des investissements à long terme. La stratégie actuelle consistant à répartir l’entretien en faveur de nombreux chantiers navals à travers le pays ne permet pas la mise à profit de l’investissement significatif en ressources humaines, installations et processus qui accompagnent un programme soutenu de construction navale. L’investissement réalisé dans ces domaines nécessite une stabilité sur le long terme.

Les alliés du Canada, au Royaume-Uni comme aux États-Unis, gèrent activement l’entretien et le soutien en service dans le cadre de leur stratégie globale axée sur la construction navale, permettant la présence d’une main-d’œuvre stable toute l’année tout en optimisant les investissements placés dans les installations de construction et de soutien. Nous encourageons vivement le Canada à adopter une approche similaire.

En conclusion, je souhaiterais dire que nous sommes fiers de poursuivre notre longue histoire en tant que constructeur de navires du Canada et de créer un héritage pour la Marine et le Canada, au titre de la Stratégie nationale de construction navale.

Le chantier naval de Halifax et ses employés prennent cette responsabilité très au sérieux et nous espérons un avenir brillant et productif qui profitera non seulement aux hommes et aux femmes en uniforme, mais à tous les Canadiens.

Je tiens à vous renouveler nos remerciements. Nous serions heureux de répondre à vos questions.


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